2016 : UN MONDE DE PLUS EN PLUS DIVISÉ ET DANGEREUX

 

Les dirigeants du monde entier ont multiplié les discours de haine et de peur favorisant le repli identitaire, développant une rhétorique du « nous contre eux ». Des discours qui menacent directement les droits et libertés de milliers de personnes.

UNE RÉTHORIQUE DANGEREUSE

Si Donald Trump est emblématique d’une tendance mondiale à défendre des politiques toujours plus clivantes, d’autres dirigeants politiques ne l’ont pas attendu pour assumer des discours fondés sur la peur, l’accusation et la division et remporter le pouvoir.

Les droits humains sont de plus en plus menacés et remise en cause par la multiplication de ces discours. En 2016, des gouvernements ont fermé les yeux sur des crimes de guerre, conclu des accords qui affaiblissent le droit d’asile, adopté des lois qui bafouent la liberté d’expression, incité au meurtre de personnes simplement accusées de consommer des stupéfiants, justifié la torture et la surveillance de masse, et élargi des pouvoirs de police déjà draconiens.

36 pays ont violé le droit international en renvoyant illégalement des réfugiés dans des pays où leurs droits étaient menacés.
Le président Donald Trump a rapidement mis en application ses discours haineux et xénophobes de campagne en signant un décret interdisant aux réfugiés de se réinstaller aux États-Unis. Des personnes fuyant les persécutions de pays ravagés par la guerre, comme la Syrie, sont désormais privés de la possibilité de trouver refuge aux Etats-Unis.

L’Australie a de son côté décidé de tenir les réfugiés loin de ses côte en les parquant sur les îles de Nauru et de Manus.

L’Union européenne a elle signé un accord illégal et irresponsable avec la Turquie au terme duquel elle peut renvoyer des réfugiés dans ce pays. L’UE envisage désormais de conclure de tels accords avec la Libye, l’Egypte ou le Soudan.
Partout dans le monde, la liberté d’expression est menacée par une vague de répression très vive qui frappe la Chine, l’Égypte, l’ Éthiopie, l’ Inde, l’ Iran, la Thaïlande ou en encore la Turquie. Celles et ceux qui s’opposent aux autorités et dénoncent ces discours, sont les premières cibles présentées souvent comme des obstacles au développement économique, à la sécurité ou à d’autres priorités.

Dans 22 pays, des personnes ont été tuées pour avoir pacifiquement défendu les libertés fondamentales.
Partout dans le monde, des gouvernements restreignent les libertés publiques au nom de la lutte contre les menaces terroristes. Des mesures de sécurité intrusives ont ainsi été adoptées, tel l’état d’urgence prolongé pour la France ou une série de lois sur la surveillance au Royaume-Uni.

 

Source: Amnesty. fr