Arabie saoudite: Saad Hariri en résidence surveillée à Riyad ?

L’incertitude continue de planer sur la situation du Premier ministre libanais Saad Hariri, une semaine après sa démission surprise annoncée de Riyad. On commence à avoir plus d’informations sur les circonstances de l’arrivée de Saad Hariri en Arabie Saoudite. Une convocation qui ressemble à un kidnapping.

Les quelques heures qui ont séparé l’arrivée de Saad Hariri à Riyad, vendredi 3 novembre, et l’annonce de sa démission, le lendemain, ont été racontées en détail par l’agence de presse Reuters, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

Tout aurait commencé par un appel urgent le 2 novembre au soir, invitant Saad Hariri à rencontrer le Prince Mohammed Ben Salman vendredi 3 novembre, trois jours avant la date officiellement prévue. Mais à sa descente d’avion, pas de haut dignitaire pour accueillir le chef du gouvernement libanais comme c’est l’usage, rapporte Reuters.

Selon un proche du Premier ministre, cité par l’agence britannique, dès son arrivée à l’aéroport de la capitale saoudienne, Saad Hariri voit son téléphone confisqué par des agents de sécurité. Il est conduit dans sa villa de Riyad où il passe la nuit et est convoqué le lendemain matin, à 8h, par le prince Ben Salman. Aucun protocole sécuritaire n’est en place, le Premier ministre libanais part dans une voiture accompagné uniquement de ses gardes du corps.

Pendant plusieurs heures, Saad Haririr disparaît des radars. C’est à 14h, en début d’après-midi qu’il réapparaît sur une chaîne de télévision saoudienne pour annoncer sa démission et accuser l’Iran et le Hezbollah de semer la discorde au Liban et dans le monde arabe. Un langage va-t-en-guerre inhabituel venant de sa part. Un communiqué dont il n’est pas l’auteur.

Il passera ensuite le weekend dans un compound du Ritz Carlton là où sont également détenus les princes saoudiens visés par la purge anti-corruption. Cette semaine, Saad Hariri est confiné dans sa villa de Riyad, gardée par la police militaire saoudienne, où des diplomates européens et américains ont pu lui rendre visite. Il n’a toujours pas fait de déclaration publique depuis sa «  démission  ».