Boudant “les alliances”, le Soudan se dit “ouvert au monde”

– Selon son ministre des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse tenue au terme de la visite du président turc au Soudan

AA / Khartoum / Behram Abdelmunim

Le ministre soudanais des Affaires étrangères Ibrahim Ghandour a déclaré mardi que son pays « ne croyait pas » en la politique des alliances, et souligné «l’ouverture de Khartoum à ses frères dans le monde entier ».

« Le Soudan n’a jamais fait partie d’une alliance et nous ne croyons pas à la politique des alliances. Nous sommes ouverts à nos frères dans le monde entier, qu’ils soient Africains, Arabes ou musulmans », a précisé le chef de la diplomatie soudanaise, lors d’une conférence de presse conjointe tenue mardi dans la capitale Khartoum avec son homologue turc Mevlut Cavusoglu.

« Nous sommes ouverts à tous les pays amis et épris de paix à travers le monde. Avec ces pays, des intérêts communs nous lient atour des objectifs communs de la paix et de la sécurité. Nous n’avons pas fait et ne feront non plus partie d’aucune alliance », a détaillé Ghandour.

En évoquant les relations soudano-turques, le chef de la diplomatie soudanaise les a qualifiées de fraternelles, historiques et particulières. « Cette visite (la visite du président Recep Tayyip Erdogan, au Soudan) a mis ces relations sur la bonne voie, les transformant de relations d’amour en relations mutuellement bénéfiques pour les deux peules ».

Le ministre soudanais a également abordé la question de la sécurité de la mer Rouge ; « une question de prime importance » pour Khartoum, d’autant plus que 750 km des rives de la mer Rouge sont des rives soudanaises, s’étalant de l’Érythrée et jusqu’à la frontière avec l’Égypte, et que 86% du commerce du pétrole mondial transite par cette voie maritime.

Et c’est d’ailleurs sur ce thème là que s’est attelée la récente conférence sur la Corne de l’Afrique qu’a accueillie le Soudan, a rappelé Ghandour.

« Le Soudan coordonne avec ses frères et voisins donnant sur la mer Rouge, ou intéressés par elle ; la Turquie n’est pas loin de cette région, et comme l’a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, la Turquie est présente en Somalie et forme les forces de l’armée nationale somalienne », a ajouté le ministre soudanais.

Ghandour a, à cet effet, souligné que « l’un des accords de partenariat signés dans l’Etat de la Mer Rouge la veille portait sur la construction d’un port pour l’entretien des navires civils et militaires ».

Interrogé sur la sous-estimation et la minimisation des médias égyptiens de la visite d’Erdogan au Soudan, le chef de la diplomatie soudanaise s’est dit désolé et surpris par certaines réactions médiatiques. « Nous ne prenons toutefois pas la partie (les médias) pour le tout (le peuple égyptien) », a-t-il renchéri.

« Il est clair qu’il y a des gens qui ne comprennent pas comment gérer les relations entre les Etats. Si la visite n’était pas très réussie et très importante, ils (médias égyptiens) n’auraient pas soulevé ces points », a-t-il développé, affichant « son dédain pour tous ceux que la visite agaçait ».

Au terme de sa visite au Soudan, qui a commencé dimanche, Erdogan s’est dirigé vers le Tchad, deuxième étape d’une tournée africaine qui devrait le mener également en Tunisie, en compagnie d’une délégation de deux cent hommes d’affaires.