CAN 2017 : Cameroun, la victoire du collectif

Sacré champion d’Afrique à la surprise générale ce dimanche face à l’Egypte (2-1), le Cameroun s’est avant tout appuyé sur un état d’esprit collectif exemplaire. Ce n’est pas un hasard si Aboubakar et Nkoulou, devenus remplaçants de luxe, ont inscrit les buts du titre tout en louant leur sélectionneur Hugo Broos.

L’image est éminemment symbolique. Quelques instants après son but du sacre inscrit à la 88e minute face à l’Egypte (2-1) ce dimanche en finale de la CAN 2017, Vincent Aboubakar savoure le titre en soulevant victorieusement son sélectionneur, Hugo Broos. Si le technicien belge a eu la bonne idée de lancer l’attaquant du Besiktas à la mi-temps de cette affiche, ce dernier aurait pourtant eu toutes les raisons du monde de lui en vouloir puisqu’il l’a rapidement cantonné à un statut de joker de luxe dans cette compétition. Au lieu de ça, l’ancien Lorientais a salué la “collectivité” sur laquelle le coach a “mis l’accent“. Une façon de souligner que la clé du succès de ce Cameroun pas forcément très impressionnant sur le papier, réside avant tout dans l’état d’esprit qui anime tout un groupe de 23 joueurs.

Autre symbole marquant, malgré son statut de capitaine, Benjamin Moukandjo a tenu à faire venir Nicolas Nkoulou, davantage considéré comme un cadre mais lui aussi devenu remplaçant, avec lui au moment de soulever le trophée. Des exemples qui démontrent que Broos ne baratinait pas lorsqu’il affirmait à l’issue de la demi-finale face au Ghana (2-0), “c’est ça qui rend le Cameroun aussi fort pour l’instant. C’est vraiment un groupe de 23 joueurs et pas un groupe de 11.” “Ce n’est pas un groupe de footballeurs, c’est un groupe d’amis“, a encore ajouté le technicien de 64 ans ce dimanche à l’issue du sacre.

Quid des déserteurs ?

Finalement, la défection de 8 joueurs parmi les pré-sélectionnés pour la compétition* a semblé renforcer ce groupe, comme si celui-ci tenait à montrer que malgré son supposé déficit de talent, il ne manque pas d’envie. Là aussi, le scénario de la finale démontre tout le mental des Lions, menés 1-0 à la pause mais qui ont renversé les Pharaons grâce à Nkoulou et Aboubakar, leurs deux jokers de luxe, tous deux entrés en jeu au cours de la partie. Même le conflit -plutôt gentil- autour des primes n’a fait que consolider ce groupe puisque Broos a soutenu ses joueurs qui réclamaient une hausse.

Alors que le succès au Gabon pourrait donner des envies de retour à certains réfractaires comme Joël Matip et Eric-Maxim Choupo-Moting, le Belge va désormais devoir veiller à ne pas fragiliser l’équilibre qu’il a construit. De toute façon, l’ancien entraîneur de la JS Kabylie a déjà prévenu les intéressés samedi : “La porte reste ouverte. C’est évident. Mais ce sont eux qui devront prendre des initiatives pour revenir en sélection. S’ils reviennent, il faut que ce soit définitif. Ce ne doit pas être : coach je veux jouer aujourd’hui, et le mois suivant, je n’ai pas envie de venir parce qu’il y a des choses importantes avec mon club. Soit tu viens et tu restes, soit tu ne viens pas.” Car les Lions n’ont pas eu besoin d’eux pour déjouer tous les pronostics !

* André Onana (Ajax d’Amsterdam), Guy Roland Ndy Assembe (Nancy), Joël Matip (Liverpool), Allan Nyom (West Bromwich), Maxime Poundje (Bordeaux), André Zambo Anguissa (Olympique Marseille), Ibrahim Amadou et Eric-Maxim Choupo-Moting (Schalke 04).

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