En marche vers un monde meilleur

 

L’année 2016 a vu son cortège d’horreurs. Essentiellement entre le dixième et le quarantième parallèles Nord. Quand on pense, par exemple, aux enfants d’Alep-Est on peut s’interroger. A-t-on le droit d’évoquer un monde meilleur quand tant d’innocents sont morts ?

Et pourtant, les faits sont là : depuis deux siècles le monde va de moins en moins mal. Mais il ne le sait pas. En Suède, le pays le plus optimiste de la Terre, seuls dix pour cents des habitants estiment que le monde va globalement mieux. En Allemagne, pays qui ne semble pas le plus à plaindre de la planète, le score tombe à 4 % !

Alors, pour ne pas trop sombrer dans la morosité en ce début d’années, il importe de rappeler quelques données :

Pauvreté : Chaque jour depuis 1990, sur l’ensemble de la planète, 130 000 personnes quittent la zone de l’extrême pauvreté. Bien sûr, on peut contester les critères retenus et la précision des chiffres, mais les études les plus récentes tiennent compte de multiples facteurs comme l’autosubsistance ou l’inflation.  L’orientation générale proposée ne peut être démentie. En 1820, seuls 6 % de la population mondiale vivaient en dehors de l’extrême pauvreté, en 1950 ce pourcentage était encore de 25 %. Au cours des années 1970, l’égalité quantitative est apparue entre les extrêmement pauvres et les autres (pauvres, assez pauvres, riches…). Aujourd’hui, seuls 10 % vivent avec moins de 1,90 dollar par jour, critère qui définit officiellement l’extrême pauvreté.

Illétrisme : En 1820, le « Terrien moyen » avait neuf chances sur dix d’être illettré. Aujourd’hui, il a huit chances sur dix d’être capable de lire et d’écrire. Et, comme les choses vont vite, ces chances sont nettement plus importantes pour un jeune car la plupart des illettrés se trouvent chez les personnes âgées.

En regardant les chiffres globaux, on constate qu’en deux siècles le nombre d’individus capables de lire et écrire est passé de 120 millions à 6,2 milliards.

Mortalité: En 1820, plus de 40 % des nouveaux nés mourraient avant d’atteindre l’âge de cinq ans. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 4,3 %. La meilleure nutrition due à l’amélioration de la productivité agricole et à la hausse des échanges mondiaux n’a pas conduit seulement à une hausse spectaculaire de la durée de vie moyenne, elle nous a rendus paraît-il plus intelligents et sûrement plus grands.

La baisse de la mortalité a conduit à une hausse spectaculaire de la population mondiale et pour nombre de nos contemporains cette augmentation est inquiétante voire dramatique. En fait, il est de plus en plus clair que, partout dans le monde, la baisse de la pauvreté conduit à une diminution du nombre d’enfants par femme. Aujourd’hui, le phénomène s’accélère. La Corée du Sud est passée de six enfants par femme à moins de trois en dix-huit ans et l’Iran a obtenu le même résultat en dix ans ! Les études les plus récentes font penser que la population mondiale devrait se stabiliser vers la fin du siècle.

Les données chiffrées de ce blog  proviennent des études rassemblées par le Dr Max Roser de l’université d’Oxford et n’en donnent qu’un petit aperçu. Elles sont consultables sur le siteOurWorldinData.org. Pour débuter l’année sans trop de morosité ce site est à consommer et à faire consommer… sans aucune modération.

 

=http://www.larevue.info/les-blogs-de-la-revue/517-en-marche-vers-un-monde-meilleur