La première pilote africaine de long-courriers : « Chaque jour je dois prouver que je suis à la hauteur »

 

Irène Koki Mutungi est la première femme du continent à prendre les commandes d’un Boeing 787. Elle est la star de Kenya Airways, compagnie en grande difficulté.

Un secteur privé en pointe

Autre leçon de cette crise : les investissements du secteur privé sont plus stables et pérennes quand le secteur public tend à quitter le navire au moment du naufrage. « On voit bien qu’en RDC ou en Angola, les investissements publics chinois ne fonctionnent pas très bien. Ce sont des investissements à court terme qui ne visent que le profit immédiat. A l’inverse, une entreprise comme Huawei, le géant chinois des télécoms, crée des emplois en Afrique. La prochaine étape pour Huawei serait de produire directement en Afrique certains de ses composants ou de ses téléphones portables », détaille David Dollar.

Le secteur privé est également en pointe dans les financements. « Il y a de plus en plus de banques qui investissement en Afrique, constate le chercheur américain. Pendant longtemps, les projets étaient uniquement financés par la banque chinoise d’import-export Exim ou la Banque chinoise de développement (CDC). Mais, actuellement, on estime que l’équivalent de 10 milliards de dollars de projets sont financés directement par des banques et par le secteur privé chinois. »

Là encore, les résultats sont très divers. Quand l’Ouganda s’en sort bien et attire de nouveaux capitaux privés, l’Angola est proche du défaut de paiement et fait peur aux investisseurs. « Tout dépend de la gouvernance locale, de la corruption, voire de l’existence ou non d’un système démocratique. On voit que cela fonctionne mieux en Afrique du Sud, en Tanzanie ou en Ouganda qu’en Angola ou au Nigeria », conclut le chercheur.

Dans son rapport, David Dollar plaide donc pour des économies africaines qui passeraient des ressources naturelles aux ressources humaines. Il appelle à une vision décomplexée de cette Chinafrique. « Je crois aux partenariats tripartites, explique l’ancien fonctionnaire de la Banque mondiale. Quand l’Ouganda travaille avec la Chine, elle ne ferme pas la porte aux pays occidentaux. Personne ne doit choisir entre la Chine et l’Occident, et surtout pas les pays africains, qui doivent aujourd’hui construire leur propre modèle de développement. »

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/12/13/la-premiere-pilote-africaine-de-long-courriers-chaque-jour-je-dois-prouver-que-je-suis-a-la-hauteur_5048380_3212.html