Le PM éthiopien s’engage à ne pas nuire à la quantité d’eau que l’Egypte reçoit du Nil

LE CAIRE,(Xinhua) — Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali a promis dimanche que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) ne nuirait pas à la quantité d’eau que l’Egypte reçoit du Nil.

Il a tenu ces propos au cours d’une conférence de presse conjointe donnée au Caire avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, suite à leurs entretiens sur le barrage géant en cours de construction sur le Nil.

Il s’agit de la première visite du Premier ministre éthiopien au Caire depuis qu’il a pris ses fonctions en avril.

L’Ethiopie, qui se trouve en amont de ce barrage sur le Nil, et le Soudan, qui se trouve en aval, espèrent tirer d’énormes bénéfices de la construction du GERD. L’Egypte, située également en aval, craint quant à elle que le barrage n’ait un impact sur les 55,5 milliards de mètres cubes d’eau qu’elle reçoit chaque année de ce fleuve.

M. Sissi a décrit les relations entre l’Egypte et l’Ethiopie comme “stratégiques”, et a promis de maintenir sa coopération avec la partie éthiopienne, dans l’intérêt des deux nations.

“Je souhaite réaffirmer que la relation entre l’Egypte et l’Ethiopie est une relation de partenariat stratégique, et que la politique stratégique de l’Egypte vise à consolider les intérêts communs avec l’Ethiopie dans tous les domaines”, a déclaré le président égyptien durant la conférence de presse.

La visite de M. Ali est survenue trois semaines après une percée dans les négociations ministérielles trilatérales organisées entre les trois pays, qui se sont tenus à la mi-mai à Addis-Abeba, et ont mobilisé les ministres des Affaires étrangères, les ministres en charge des ressources hydriques et les directeurs des services de renseignement d’Egypte, d’Ethiopie et du Soudan.

Cette visite revête une importante particulière, dans la mesure où il s’agit de la première visite au Caire du nouveau Premier ministre éthiopien, une visite qui permettra de “révéler son point de vue sur la question du barrage”, a déclaré Hani Raslan, directeur du département des Etudes sur le Soudan et le bassin du Nil du Centre Al-Ahram des études politiques et stratégiques du Caire.

Au cours de la rencontre d’Addis-Abeba, les trois Etats ont convenu de mettre en place un groupe d’étude scientifique pour procéder à des consultations sur la construction et le remplissage du réservoir, et d’organiser tous les six mois un sommet entre les dirigeants des trois pays.