Le président soudanais Omar el-Béchir accueille le chef du Conseil présidentiel de Libye, Fayez el-Sarraj, dimanche 27 août à Khartoum.

Par RFI

Fayez al-Sarraj, le chef du Conseil présidentiel en Libye, est arrivé à Paris ce lundi 28 août pour participer au mini-sommet consacré à la question migratoire. Question qui était aussi au cœur de sa visite à Khartoum, la veille. Lors d’une conférence de presse commune avec le président soudanais Omar el-Béchir, les deux responsables ont insisté sur la sécurité de la frontière entre les deux pays.

Le Soudan est traversé par des milliers de migrants originaires de la corne de l’Afrique, en particulier de la Somalie et de l’Ethiopie, qui cherchent à aller en Libye pour rejoindre l’Europe. « Nous sommes directement affectés par l’insécurité en Libye qui a rendu coûteuse notre lutte contre le trafic d’êtres humains, l’immigration clandestine et les crimes transfrontaliers », a affirmé ce dimanche le président soudanais Omar el-Béchir.

Les migrants au coeur des discussions

Il s’exprimait lors d’une conférence de presse commune avec le chef du gouvernement libyen d‘union nationale, Fayez al-Sarraj, en visite à Tripoli dimanche juste avant de se rendre à Paris, où il participe au mini-sommet sur la crise migratoire organisée par l’Élysée. Le président soudanais a également affirmé que « ceux qui commettent ces crimes profitent de l’instabilité en Libye et utilisent le territoire soudanais pour les commettre ».

Cette visite était l’occasion pour Tripoli de renouer les relations avec Khartoum. Les précédents accords de coordination sécuritaire entre les deux pays pour un meilleur contrôle de la frontière ont été réactivés à cette occasion. « Le Soudan est d’une importance stratégique pour la Libye et nos discussions ont porté sur les moyens de sécuriser les frontières », a ainsi insisté Fayez al-Sarraj.

Mercenaires soudanais en Libye

Les deux responsables ont également affiché leur accord sur la nécessité de combattre le terrorisme et les trafics en tous genres de part et d’autre de leur frontière commune, en plus du combat cette migration clandestine décrite comme « un crime transfrontalier » par Omar el-Béchir.

Ce rapprochement entre Tripoli et Khartoum, met cependant en lumière les mauvaises relations du Soudan avec les autorités de l’Est libyen.

Récemment, le consulat soudanais dans le sud libyen, à Kofra, a ainsi été fermé sur ordre des autorités de l’Est. Dimanche, Omar el-Béchir n’a pas manqué de rappeler l’existence de « quelques Soudanais membres de groupes rebelles qui opèrent en Libye comme des mercenaires ». Des mercenaires soudanais auxquels le maréchal Khalifa Haftar a reconnu avoir recours au sein de ses forces.