RDC: Une situation humanitaire “dramatique” aggravée par la crise politique (UE)

L’Union européenne a également exigé des garanties pour le respect de la tenue des élections le 23 Décembre 2018 – en conformité au calendrier émis le 5 Novembre dernier par la Commission électoral

AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa

L’Union européenne (UE) a dénoncé lundi dans un communiqué une situation humanitaire “dramatique” en République démocratique du Congo (RDC) où environ 4,1 millions de personnes sont déplacées et a exigé des garanties pour le respect de la tenue des élections le 23 Décembre 2018 – en conformité au calendrier émis le 5 Novembre dernier par la Commission électorale.

L’UE “s’alarme” de la situation humanitaire “dramatique, aggravée par la crise politique […] estime qu’il est déterminant, notamment pour la légitimité des institutions chargées de la transition, de garantir que la date des élections désormais fixée du 23 décembre 2018 soit respectée” écrit l’organisation dans un communiqué publié au terme de son conseil qui s’est penché lundi à Bruxelles sur la crise congolaise.

L’ONU a activé en octobre dernier le “plus haut niveau” de réponse d’urgence humanitaire dans ce pays où 7.7 millions de personnes se trouvent dans l’insécurité alimentaire et 1,9 millions d’enfants frappés par une malnutrition “aiguë grave”.

“L’UE reste gravement préoccupée par la situation sécuritaire détériorée au Kasaï, au Tanganyika et à l’est de la RDC, qui touche particulièrement les femmes et les enfants” poursuit-elle prévenant qu’elle suivra “avec la plus grande attention” la mission de l’équipe d’experts internationaux établie par le Bureau du Haut-commissaire aux Droits de l’Homme pour enquêter sur les violences dans la région du Kasaï (centre du pays).

Elle a en outre demandé à Kinshasa de donner un accès “libre et sans entrave aux documents, aux territoires et aux personnes concernés, et à lui permettre de fonctionner selon les standards internationaux d’indépendance et d’impartialité”.

S’agissant du financement des élections, l’UE a conditionné son appui par le respect des droits de l’Homme et la réouverture de l’espace politique, ainsi que les mesures nécessaires pour garantir un processus électoral transparent et inclusif, l’application “scrupuleuse” du nouveau calendrier électoral, la publication d’un budget “crédible” et un plan de décaissement “réaliste”, l’adoption de la législation électorale requise et la fiabilisation du fichier électoral.

L’UE a également condamné les actes de harcèlement à l’encontre d’acteurs politiques de l’opposition, de représentants des médias et de la société civile ; rappelant que ces actes sont “incompatibles” avec les principes démocratiques et le respect des libertés fondamentales consacrées par le droit international public.

L’Union européenne a enfin appelé le pouvoir, à “rétablir” la confiance entre les acteurs concernés et “apaiser” les tensions politiques, notamment la libération de tous les prisonniers politiques, la fin des poursuites judiciaires “injustifiées”, la fin de la duplication des partis politiques, la liberté de la presse et la réouverture des médias fermés.