Soudan du Sud : l’ONU avertit que les femmes et les filles sont confrontées à un risque très élevé d’agression sexuelle

 

20 avril 2017 – Sans le retour à la paix, des millions de personnes au Soudan du Sud auront faim et des millions de femmes et de filles pourraient être violées, notamment lorsqu’elles sont à la recherche de nourriture, a mis en garde un haut responsable de la Mission des Nations Unies dans ce pays (MINUSS).

« Alors que les travailleurs humanitaires continuent de faire tout leur possible pour atténuer les souffrances, il n’en demeure pas moins que les armes ne sont pas silencieuses et que la situation humanitaire va continuer de se détériorer », a déclaré le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général et Coordonnateur humanitaire au Soudan du Sud, Eugene Owusu.

S’exprimant mercredi devant des journalistes à Juba au sujet de la violence et de l’insécurité alimentaire, M. Owusu a noté que 7,5 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire et environ 3,5 millions ont été forcés de fuir leurs domiciles.

Ce chiffre comprend beaucoup de femmes et d’enfants, qui ont cherché refuge dans des endroits tels que des marécages et survivent en mangeant des nénuphars pour rester loin des combattants.

Les cas d’agression sexuelle et de violence liée au genre ont augmenté de 64% en 2016 par rapport à l’année précédente, selon une enquête récente citée par M. Owusu.

« Dans un contexte d’impunité rampante, une peur majeure pour les femmes et les enfants dans ce pays est malheureusement d’être violé », a-t-il souligné.

« La violence est également une préoccupation pour les travailleurs humanitaires qui cherchent à fournir de l’aide », a ajouté le haut responsable de l’ONU. Il a exhorté les autorités à assurer un accès libre, sûr et sans entrave à toutes les régions du pays afin d’éviter la propagation de la famine.

Il a noté des difficultés récurrentes pour atteindre les personnes dans le besoin à cause de l’insécurité et des refus d’accès. En outre, au moins 83 travailleurs humanitaires ont été tués depuis le début de la guerre civile en décembre 2013.

Le financement de l’assistance est une autre préoccupation, avec seulement 27% des 1,6 milliard de dollars nécessaires ayant été reçus jusqu’à présent, selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

M. Owusu a noté que la réponse à long terme à la crise humanitaire est le retour à la stabilité et le développement. Il a réclamé des investissements dans les moyens de subsistance au niveau communautaire afin de renforcer la résistance et fournir des services sociaux de base aux personnes les plus vulnérables