Soudan du Sud: l’ONU rappelle des policiers accusés d’exploitation sexuell

La mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) a annoncé samedi 24 février avoir rappelé à Juba une unité de policiers ghanéens travaillant dans un de ses camps de protection à Wau, dans l’ouest du pays. Certains d’entre eux sont accusés d’exploitation sexuelle.

« Il n’y a aucune excuse, aucune seconde chance. Dans les cas d’exploitation ou d’abus sexuels, c’est tolérance zéro », explique la Minuss, la mission au Soudan du Sud.

Les premières accusations ont été lancées le 8 février, des civils parlant d’agents de la force de police ghanéenne ayant des relations sexuelles tarifées avec des femmes placées sous protection.

Une enquête interne a été ouverte par le Bureau des services du contrôle, une institution indépendante. L’affaire est remontée jusqu’au siège de New York. Ce week-end, les 46 Ghanéens ont été retirés de Wau et envoyés à Juba, où ils sont confinés indique la Minuss.

La mission parle d’une « violation du code de conduite, d’actes minant son travail et qui compromettent sa crédibilité à l’égard du peuple sud-soudanais ». Après plusieurs scandales du genre, l’opacité et l’impunité dont ont souvent été accusées les forces onusiennes, l’ONU essaie de jouer la transparence.

Quarante allégations d’exploitation et d’abus sexuels pour toutes les entités des Nations unies ont été recensées entre octobre et décembre derniers. « Cela ne reflète pas la conduite de notre personnel », a souligné le porte-parole de l’ONU.

Selon Stéphane Dujarric, l’institution développe de nouveaux outils comme la création d’un programme électronique pour identifier les employés licenciés ou qui ont démissionné suite à des enquêtes. Un module d’apprentissage en ligne obligatoire ou encore de nouveaux mécanismes d’accueil des plaintes sont à l’étude.