Soudan du Sud: réactions au rapport de MSF sur le viol de 125 femmes

Médecins sans frontières a publié un rapport sur le viol de plus de 100 femmes qui se rendaient à des distributions alimentaires. Les incidents se sont produits entre le 19 et 29 novembre 2018, près de la ville de Bentiu, dans le nord du pays. Le gouvernement provincial questionne l’authenticité du rapport alors que les chancelleries occidentales se disent très préoccupées.

Selon MSF, ces femmes, dont des fillettes de moins de 10 ans, ont été violées, battues, par des hommes armés en uniforme, alors qu’elles cherchaient à atteindre des centres de distribution alimentaire.

L’Union européenne, les ambassades de France, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, d’Italie, de Suède se disent « vivement préoccupés » par ces exactions et appellent le gouvernement de Juba à ouvrir une enquête et à sanctionner les responsables.

Selon la mission des Nations unies au Soudan du Sud, qui a renforcé ses patrouilles autour de Bentiu, ces attaques auraient été menées par de jeunes hommes, certains en uniformes militaires, d’autres en vêtements civils.

Le gouvernement provincial critique le rapport

Des incidents que nient les autorités de la province. Pour Lam Tungwar, porte-parole du gouvernement provincial, le rapport de Médecins Sans Frontières est faux. « Le gouvernement provincial est présent à Bentiu, nous sommes au courant de tout ce qu’il s’y passe. Nous sommes en contact avec les camps de déplacés, ainsi qu’avec les agences des Nations unies, avec qui nous partageons des informations. S’il y avait eu des incidents aussi importants, nous en aurions été informés, la police aurait ouvert une enquête. J’ai vu le rapport et je pense qu’il n’est pas authentique, qu’il a été fabriqué afin de lever des fonds. »

« Nous voulons savoir exactement ce qu’il s’est passé, il nous faut des réponses, insiste Lam Tungwar. Cela s’est-il passé à l’extérieur d’un camp de déplacés, à proximité, ou à l’intérieur d’un camp ? Auquel cas c’est de la responsabilité des Nations unies. »

Les assaillants n’ont pas été identifiés, mais selon le principal mouvement d’opposition, le SPLM-IO de Riek Machar, ce territoire est entièrement contrôlé par les troupes du gouvernement.

 

 

Par RFI