Soudan du Sud: Salva Kiir et Riek Machar se rencontrent en Ethiopie

C’est la première rencontre en deux ans entre Salva Kiir et Riek Machar. Alors que depuis 2013 la guerre civile fait rage au Soudan du Sud, le président sud-soudanais et son principal opposant se sont entretenus mercredi soir 20 juin à Addis-Abeba. Un face à face en compagnie du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, qui préside l’Igad, l’autorité sous-régionale médiatrice de la crise sud-soudanaise. Le contenu des échanges n’a pas filtré, mais ces négociations directes entre les deux rivaux suscitent de l’espoir alors que le dialogue entre les deux camps est au point mort.

Pour l’organisation CEPO, cette rencontre est positive et apporte l’espoir d’un règlement du conflit. L’ONG sud-soudanaise demande à Riek Machar et Salva Kiir de laisser leurs intérêts personnels de côté et de se réconcilier, au nom des millions de Sud-Soudanais en souffrance.

Pour autant, difficile d’y croire. Le président Kiir ne considère plus son opposant comme un interlocuteur crucial depuis que ce dernier est en exil en Afrique du Sud et que de multiples factions sont apparues au Soudan du Sud. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si Riek Machar, dès son arrivée à Addis-Abeba, a d’abord rencontré toute une série de partis d’opposition, pour tenter de bâtir un front commun.

Ensuite, la géopolitique régionale entre en jeu. L’Ethiopie est l’artisan de cette rencontre. Or, un observateur estime que d’autres pays comme l’Ouganda et le Soudan, qui souhaitaient être en première ligne, veulent désormais faire échouer ce face à face accueilli par le rival éthiopien.

Pour autant, la pression est forte sur Salva Kiir et Riek Machar afin qu’ils s’entendent. Les Nations unies ont préparé de nouvelles sanctions et attendent de voir ce qui découlera de ces négociations. Les Etats-Unis multiplient les avertissements contre les dirigeants sud-soudanais.

Pour l’instant rien n’y a fait. Les pourparlers organisés en début de semaine entre des représentants deux camps ont à nouveau échoué.