Soudan : une grève générale de deux jours à partir du mardi prochain

 

Par La Tribune Afrique

 

Les leaders du mouvement de contestation au Soudan ont appelé à une grève générale les mardi et mercredi prochains. Il s’agit pour les manifestants de protester contre l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations avec les responsables militaires pour la gestion de la transition.

Au Soudan, c’est toujours l’impasse entre le Conseil militaire de transition (CMT) et l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, sur les négociations entrant dans le cadre de l’organisation de la gestion du pouvoir. Afin de faire valoir leurs arguments et mettre la pression sur les autorités militaires, les leaders du mouvement de contestation ont appelé à une grève générale les mardi 27 et mercredi 28 mai prochains. Dans un communiqué publié le vendredi 24 mai, les protestataires ont indiqué « être contraint de recourir à cette action pacifique faute d’alternatives ».

 

Cet appel à la grève est la conséquence de l’impasse dans laquelle se trouvent les deux parties qui discutent des conditions dans lesquelles devrait se tenir la transition depuis le départ du président Omar el-Béchir le 11 avril dernier. Les négociations ont été suspendues à plusieurs reprises et malgré la contribution des médiateurs, plusieurs points de désaccords persistent sur la composition du Conseil souverain, l’organe qui doit être mis en place pour gérer la transition. L’autre point d’achoppement, c’est la place de l’armée et des civils dans la composition de cet organe notamment le choix du chef de l’organe de transition.

 

 

Divergences

Le conseil militaire de transition (CMT) présidé par le général Abdul Fattah al-Burhan refuse toujours un transfert du pouvoir aux civils et insiste pour que l’un de ses membres prenne la tête du Conseil souverain pour diriger la transition sur une durée de trois années. Sauf que pour le mouvement de contestation, cette issue ne garantit en rien les conditions d’une transition pacifique qui devrait déboucher sur de nouvelles élections transparentes et la mise en place d’un nouveau régime civil et dont les responsables seront démocratiquement élus. C’est pour amplifier la fronde et mettre la pression que l’appel à la grève a été lancé.

 

« Des grèves générales seront lancées mardi et mercredi dans les entreprises et sociétés publiques et privées et dans tous les secteurs professionnels. Des sit-in seront organisés parallèlement dans la capitale et dans les provinces », ont annoncé les responsables du mouvement dans leur communiqué. Il s’agit selon les initiateurs du mouvement, de « rectifier le processus de la révolution et parachever ses objectifs ».

 

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Pour l’heure, le Conseil militaire de transition n’a pas officiellement réagi à cet appel à la grève. Les responsables militaires ont appelé à plusieurs reprises à mettre fin aux barrages érigés par les manifestants dans plusieurs villes du pays afin de soutenir leur mouvement. La communauté internationale suit également la situation pleine d’incertitude et si jusqu’à présent, le CMT semble maîtriser la situation, avec le retour des manifestations, le général Abdul Fattah al-Burhan risque aussi de se retrouver au pied du mur malgré la bienveillance dont il a fait l’objet depuis son arrivée à la tête de l’organe militaire qui gère le pays.