Un patron de l’Unesco suspendu de ses fonctions pour abus sexuel

Frank La Rue, jusque-là sous-directeur général pour la communication et l’information de l’Unesco, pris dans le tourment du scandale d’abus sexuel. Il a été relevé de ses fonctions.

C’est l’aboutissement d’une enquête interne diligentée par la patronne de l’Unesco, Audrey Azoulay, l’ancienne ministre française de la Culture. Novembre 2017, elle a reçu une lettre accusant son collaborateur Frank La Rue d’agression sexuelle.

Selon la plaignante dont l’identité n’a pas été révélée, ces harcèlements dont se serait rendu coupable M. La Rue ont eu lieu entre 2016 et 2017. La présumée victime dit en avoir affreusement souffert, notamment d’une dépression émotionnelle, traitée par un médecin.

Âgé de 65 ans, Frank La Rue était engagé au sein de l’Unesco – qu’il a intégré en 2016 – à promouvoir la liberté d’expression à l‘échelle mondiale et à organiser des événements liés à la Journée mondiale de la liberté de la presse. Originaire du Guatemala, il était auparavant Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion de la liberté d’expression. Depuis l‘éclatement de l’affaire, il n’a pas souhaité s’exprimer et donner sa version des faits. Idem pour sa directrice qui n’a fait aucune déclaration officielle.

L’Unesco, tout comme sa maison mère l’ONU, prône une tolérance zéro contre les abus sexuels. Même si, dans le cas de nombre de ses missions en Afrique, l’ONU a été accusée d‘étouffer ou négliger les nombreux cas d’abus sexuels qui touchent son personnel. En Centrafrique, au Mali ou encore au Soudan du Sud, notamment, les résultats des enquêtes ouvertes sur des abus sexuels, sont toujours attendus.

Toutefois, la condamnation d’un responsable onusien pour un scandale sexuel est non seulement un fait rare, mais peut-être, un espoir pour les victimes.

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