Yémen: à Hodeïda, les tentatives de l’ONU pour sécuriser des silos à blé

 

La trêve est toute relative au Yémen. Jeudi 16 mai 2019, des raids de la coalition menée par l’Arabie saoudite ont fait 5 morts – tous des enfants – dans la capitale, Sanaa. Avant, ce sont des accrochages entre rebelles et forces loyalistes qui ont éclaté près de la ville d’Hodeïda, où l’ONU tente par tous les moyens de sécuriser des silos à blé stratégiques, alors que le risque de famine n’est toujours pas complètement écarté.

Avec notre correspondant à Genève,  Jérémie Lanche

Cela faisait des mois que l’ONU essayait de joindre les silos à blé de Red Sea Mills dans le port d’Hodeïda. Une équipe du Programme alimentaire mondial (PAM) avait pu s’y rendre en février. Et puis plus rien jusqu’à ces derniers jours.

Mais malgré le retrait des rebelles de plusieurs ports, dont celui d’Hodeïda, l’accès aux silos n’est toujours pas sécurisé. Des tirs ont eu lieu la semaine dernière.

« Il est très important pour le Programme alimentaire mondial d’avoir un accès sans restriction non seulement à ces facilités près d’Hodeïda, mais à l’ensemble du pays », explique Hervé Verhoosel, porte-parole du PAM.

« Le mois dernier, nous sommes arrivés à un peu plus de 10 millions de personnes que nous avons pu joindre, mais nous voulons vraiment arriver à 12 millions de personnes. Et pour cela, nous avons besoin de plus d’accès dans le pays », ajoute-t-il.

51 000 tonnes de blé dorment dans le silo. De quoi nourrir en théorie 3,7 millions de personnes pendant un mois. Mais une partie du stock est contaminée par des charançons. Les Nations unies espèrent sauver 70% du blé.

Cela resterait une manne importante, dans un pays où, rappelle le Programme alimentaire mondial, des millions de personnes ne savent toujours pas de qioi sera fait leur prochain repas.